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Les Prix littéraires de la FWB

Date de publication : 16.05.2017

Les lauréat-e-s

La cérémonie de remise des Prix littéraires de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'est tenue ce soir au Théâtre royal du Parc. Elle était présentée par Florence Hainaut.

Ces prix littéraires se veulent un reflet du dynamisme et de la diversité du champ littéraire en Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est pourquoi ils couvrent des pratiques littéraires diverses, mais aussi des champs linguistiques différents, puisqu’à côté d’œuvres en langue française, une place est aussi faite à la littérature en langues régionales.

Le palmarès 2017 : 

Prix Paroles urbaines : catégorie slam : Leïla et Toro (ex aequo) ; catégorie rap : Badi et L’Hexaler (ex aequo) ;

Prix Léo Beeckman du rayonnement des Lettres belges à l’étranger : Riszard Siwek pour l'ensemble de son oeuvre ;

Prix triennal de poésie en langue régionale endogène : Dominque Heymans pour son recueil Pleuves (inédit) ;

Prix de la première oeuvre : Charline Lambert pour Chanvre et lierre (Taillis Pré) ;

Prix triennal de poésie : Françoise Lison-Leroy pour Le silence a grandi (Rougerie) ;

Prix quinquennal de l'essai : Christine Aventin pour Breillat des yeux le ventre (Somnambule équivoque).

 
Prix Paroles urbaines
 
Catégorie slam : Leïla et Toro (ex aequo)

Léïla. Âgée de 31 ans, Léïla est coordinatrice de projet chez Zinneke. Après avoir beaucoup écrit dans différents genres, elle est venue au slam il y a 5 ans environ, lors d’une soirée slam  au Théâtre de la Vie. Elle a découvert et apprécié un mode d’expression qui n’était ni le rap, ni de la pure lecture de textes, et qui permettait de donner vie et de partager en live des écrits nés dans la solitude.

Toro. Âgé de 22 ans, Toro est originaire de Charleroi. C’est là qu’il a découvert la scène slam et fait ses premières armes. L’une de ses thématiques récurrentes est la Nature, mais il aime explorer des styles et des thèmes divers.

Les précédents lauréats. Léïla et Toro succèdent au palmarès à Simon Raket, lauréat du Prix Paroles urbaines dans la catégorie slam en 2015.

Catégorie rap : Badi et L’Hexaler (ex aequo)

Badi. De son vrai nom Badibanga Ndeka, Badi a écrit ses premiers textes à 13 ans. Il est originaire du Congo, un pays à la découverte duquel il est parti en 2010. Depuis lors, son rap est empreint de sonorités venues de là-bas. Il a été nommé en 2016 à l’Octave Musique urbaine pour son album Matonge.

L’Hexaler. Originaire de Seraing, L'Hexaler est fondateur du collectif « la fine équipe ». Il est aujourd’hui un personnage incontournable de la scène Hip Hop belge. Alliant le fond et la forme, son rap a pour objectif de représenter les vraies valeurs du Hip Hop (Peace Love and Unity). Il allie un timbre de voix reconnaissable entre tous et une plume simple et efficace.

Les précédents lauréats. Badi et L’Hexaler succèdent au palmarès à Sanzio, récompensé dans la catégorie Rap en 2015.

Les Prix Paroles urbaines. Créés en 2011, ces Prix, doté chacun de 1.500 €, récompensent, tous les deux ans, les écritures urbaines, dans les catégories Slam, Spoken Word (texte scandé avec musique – non attribué cette année) et Écriture Rap. Les prix sont décernés, sur la base des performances des artistes en lice, par un jury de professionnels de l'écriture, de l'édition, de la scène, ou des cultures urbaines. Les concurrents sont départagés lors d'une demi-finale, puis d'une finale. Le jury était composé cette année de Gia Abbrassart (journaliste, créatrice du collectif de spoken words "Warrior poets"), Mustafa Bandini (cinéaste, RTBF), Thibault Carion (Promotion des Lettres), Samira Hmouda (programmatrice au Pianofabriek City Lab), Alain Lapiower (directeur de Lezarts Urbains), Hakim Larabi (bibliothécaire, créateur du collectif de slam carolo Goslam), Maky (slameur, animateur d'ateliers d'écriture), Gilles Martin (éditeur, Aden), Tom Nisse (poète, performeur, collaborateur aux éditions Maêlstrom) et Manuel Pereira (dramaturge, écrivain de théâtre), ainsi que de Joële Beaumerder (Maison du Livre), Paul Hermant (poète, journaliste) et Milady Renoir (poète performeuse, coordinatrice du réseau Kalame) pour les demi-finales.


Prix Léo Beeckman du rayonnement des Lettres belges à l’étranger 
Riszard Siwek pour l'ensemble de son oeuvre

Le lauréat. Riszard Siwek est le directeur de l’Institut de Langues et de Littérature modernes de l’Université pédagogique de Cracovie où il professe depuis 1981. Depuis sa thèse de doctorat consacrée à Guy Vaes (La philosophie de l’art dans l'œuvre romanesque de Guy Vaes) suivie d’une thèse d’habilitation, Écrivains belges face à l’étrange de De Coster à Guy Vaes, Riszard Siwek n’a eu de cesse de consacrer ses cours, conférences et articles à la littérature belge de langue française. Il prendra sa retraite l’an prochain. C’est à la fois une carrière et un travail de fond que le Prix vient couronner.

Le précédent lauréat. Riszard Siwek succède au palmarès à Colette Lambrichs, primée en 2016.

Le Prix Léo Beeckman. Décerné pour la première fois en 1998, ce Prix, doté de 4.000 €, récompense une personne qui, dans un pays étranger, a œuvré à la promotion de la littérature de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette année, le Prix a été rebaptisé en mémoire de Léo Beeckman, ancien membre de la Promotion des Lettres récemment décédé, en reconnaissance du travail hors du commun qu’il a accompli, avec conviction et générosité, pour la promotion des lettres belges.

Le prix est décerné sur proposition de la Commission des Lettres, instance d’avis de la Fédération Wallonie-Bruxelles, composée de Pierre Piret (président), Paul Aron, Jacques De Decker, Benoît Denis, Anne de Gand, Sylvie Godefroid, Jean-Marie Klinkenberg,  Marc Lavallé, Marie-Christine Pironnet, Christian Robinet et Anne Vanweddingen.


Prix triennal de poésie en langue régionale endogène
Dominique Heymans pour son recueil Pleuves (inédit)

Le lauréat. Fonctionnaire communal à Manage, Dominique Heymans habite à Gottignies (entité du Roeulx). Né en 1958 dans un milieu populaire, c’est par imprégnation qu’il apprend le wallon. Il ressent rapidement l’envie de défendre ce patrimoine et d’écrire dans cette langue. En 1982, il rejoint les Scriveûs du Cente, association dont il deviendra le président en 2016, et publie régulièrement dans le Mouchon d’Aunia. L’œuvre de Dominique Heymans se conjugue principalement en poésie, paroles de chansons, et prose, dans une langue qu’il veut à la fois simple et rigoureuse, avec le souci de la syntaxe juste, de la soustraction à l’influence du français, sans fioritures ni effets littéraires inutiles.

Le précédent lauréat. Dominique Heymans succède au palmarès à Jean-Marie Kajdanski, récompensé en 2014 pour le recueil Ète là, avèc.

Le livre. Encore inédit, Pleuves est écrit en wallon du Centre. Le recueil propose un ensemble de poèmes souvent courts en vers libres le plus souvent, réunis par le thème de la pluie. À travers celui-ci, le poète évoque le quotidien, la vieillesse, l’ailleurs, sur un ton où la mélancolie alterne la légèreté, voire l’humour.

Le Prix triennal de poésie en langue régionale endogène. Doté de 2.500 €, le Prix récompense, tous les trois ans (en alternance avec le Prix triennal de prose et le Prix triennal d’écriture dramatique en langue régionale endogène), un recueil de poèmes rédigé dans l’une des langues régionales de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


Prix de la première œuvre
Charline Lambert pour son recueil poétique Chanvre et lierre (Taillis pré)

La lauréate. Née en avril 1989 à Rocourt (Liège), Charline Lambert vit actuellement à Bruxelles. Diplômée en langues et littératures françaises et romanes, elle est, depuis octobre 2015, aspirante F.R.S. – FNRS à l’Université catholique de Louvain. Son premier recueil poétique, Chanvre et lierre (Le Taillis Pré, 2016) a reçu le Prix Georges Lockem 2014 de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et le prix Geneviève Grand’Ry 2015 de l’Association des Écrivains Belges. Son second recueil, Sous Dialyses, a été publié en 2016 aux éditions L’Âge d’Homme. Désincarcération, son troisième recueil, devrait normalement voir le jour fin 2017 ou début 2018.

La précédente lauréate. Charline Lambert succède au palmarès à Aïko Solovkine, primée en 2016 pour son roman Rodéo.

Le livre. Premier recueil de son auteure, Chanvre et lierre (Le Taillis Pré) a été particulièrement remarqué. En effet, avant le Prix de la première œuvre, il a déjà valu à Charline Lambert le Prix Georges Lockem 2014, décerné sur manuscrit par l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique, puis le Prix Geneviève Grand’Ry 2015 de l’Association des écrivains belges. Avec ce recueil, Charline Lambert revisite l’Odyssée et la figure d’Ulysse. Elle y explore une poésie qu’elle conçoit « comme travail et jeu d’élucidation, par l’épreuve de la sensorialité, comme puissance de décloisonnement et de transformation. » Elle poursuit ce travail dans son deuxième recueil, Sous Dialyses.

Le Prix de la première oeuvre. Remis pour la première fois en 1998, le Prix de la première œuvre, doté de 5.000 €, récompense, chaque année, un premier ouvrage d’un auteur belge ou vivant en Belgique, écrivant en langue française, tous genres littéraires confondus. Ce prix est décerné sur proposition de la Commission des Lettres.


Prix triennal de poésie 
Françoise Lison-Leroy pour son recueil Le silence a grandi (Rougerie)

La lauréate. Françoise Lison Leroy est née en 1951 au Pays des Collines. Elle vit à Blandain près de Tournai. Enseignante, elle participe aux pages culturelles du journal Vers L’Avenir – Le courrier de l’Escaut. Depuis La mie de terre est bonne (1983, éditions Famars), elle a publié une quarantaine d’ouvrages parmi lesquels des romans, des nouvelles et de la poésie.

Outre la lauréate, le jury a souhaité décerné une mention aux trois ouvrages suivants : Trèfle incarnat de Rose-Marie François (Le Cormier), La traversée des habitudes de Karel Logist (Tétras-Lyre) et Sylvia d’Antoine Wauters (Cheyne).

Le précédent lauréat. Elle succède au palmarès à Serge Delaive, récompensé en 2014 pour son recueil Art farouche.

Le livre. Publié aux éditions Rougerie comme plusieurs recueils de Françoise Lison-Leroy, Le silence a grandi a obtenu, avant le Prix triennal de poésie de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Prix du Poème en Prose Louis Guillaume. Le livre compte en fait un seul poème, dédié à la mémoire de Paul André.

Le Prix triennal de poésie. Doté de 8.000 €, le Prix triennal de poésie récompense, tous les trois ans (en alternance avec le Prix triennal du roman et le Prix triennal de théâtre), un auteur pour un recueil poétique publié à compte d’éditeur. Ce prix est attribué sur proposition d’un jury indépendant composé cette année de Rony Demaeseneer, Sami El-Hage, Vanessa Herzet, Mélanie Godin, Daniel Laroche et Colette Nys-Mazure.


Prix quinquennal de l’essai
Christine Aventin pour Breillat des yeux le ventre (Somnambule équivoque)

La lauréate. Née en 1971, Christine Aventin est licenciée en philologie romane de l'Université de Liège. Elle a connu un succès littéraire inattendu avec un roman écrit à quinze ans, Le cœur en poche (Mercure de France, 1988). Elle y laisse quelques plumes avant de recouvrer le confort de l'anonymat. Un long silence, qu'elle meuble de peinture, de photo et d'errance, finit par ramener la question de l'écriture. Elle publie alors Portrait nu (2005). Tandis que son rythme de publication se fait sporadique, elle s’exerce à différents genres littéraires (le théâtre, l’essai) à travers une œuvre singulière, multiforme, engagée, féministe et dérangeante, qui explore les limites des genres.

Le précédent lauréat. Christine Aventin succède au palmarès à Frédéric Thomas, primé en 2012 pour son livre Salut et liberté : regards croisés sur Saint-Just et Rimbaud.

Le livre. Breillat des yeux le ventre a été publié dans la maison d’édition belge Le somnambule équivoque en 2013. Le livre de Christine Aventin est un essai au sens premier du terme : l’auteure s’y lance dans une expérience littéraire qui dynamite les limites des genres littéraires, à la frontière entre la fiction, l’autobiographie et la réflexion. Sur ce chemin, Christine Aventin semble avoir trouvé un alter ego en Catherine Breillat, dont elle analyse le cinéma, le rapport au corps et au féminin.

Le Prix quinquennal de l'essai. Doté de 10.000 €, le Prix quinquennal de l’essai récompense un auteur pour un essai (entendu au sens large) publié à compte d’éditeur. Ce prix est attribué sur proposition d’un jury indépendant composé cette année de Aurore d’Haeyer, Roseline Lemaire, Christophe Meurée, Valérie Piette, Frédéric Saenen et Laurent Van Eynde.